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Quelques mots de Martial au retour d'Arles



LA VIA DOMICIA
(d'Embrun à Arles (avril - mai 2007).

    Le 27 avril, je quitte Embrun en direction d’Arles par la voie Domitienne ( Domitia ) pour une quinzaine de jours.

    La voie Domitienne est la voie naturelle qui relie l’Espagne à l’Italie, soit de Géronne à Turin. C’est la plus ancienne route construite en France. Elle doit son nom au consul romain Cneus Domitius Ahenobarbus. Il eut l’idée de l’aménager à partir de 120 av. J.C. Elle était très fréquentée par l’armée romaine, les fonctionnaires, les marchands, les voyageurs et pèlerins. L’aménagement fût important : création de longues lignes droites grâce à des déblais remblais et pavage dans les villes.
    Aujourd’hui de nombreuses traces subsistent. Les routes modernes passent sur la voie domitienne. Le GR 653D qui vient d’être balisé ne peut que s’en approcher, vu la circulation automobile !


    En quittant Embrun, je ne ressens pas la même "fièvre" que lors de mon départ pour Compostelle.
    Je sais que je vais marcher dans une carte postale sachant que je vais traverser le Luberon. Les deux premiers jours furent agréables puisque sous le soleil, dans un environnement que je connais bien. Dès le troisième jour, au départ de Notre Dame de Laus, le profil est plus sévère mais les paysages et points de vue sont splendides ! Petite entorse à la voie, je ne passe pas par Gap, qui, à mes yeux, ne présente aucun intérêt. Je vais à Venterol à la hauteur de Tallard. La boussole et la carte sont de rigueur puisque je n’ai plus de balisage. L’accueil à Venterol, comme à Chérine ma première étape, est très sympathique. Il y a une chambre réservée au pèlerin !
    Le lendemain, je passe par une hêtraie magnifique avant d’arriver à la Motte du Caire. Le jour suivant, très grosse journée avec un col et la pluie qui vient m’accompagner. Après de nombreuses hésitations, je suis à Sisteron. Mon amie Françoise vient me rejoindre avec la pluie, qui nous accompagnera encore trois jours. La marche n’est pas aisée avec cette pluie et les bonnes montées. A Peipin, nous décidons de quitter le GR pour prendre la départementale. Après Forcalquier, nous découvrons le pont roman près du prieuré de Salagon. Après St Michel l’Observatoire, nous nous retrouvons à Ste Croix la Lauze au lieu de Céreste. Nous avons suivi un autre GR qui coupait le nôtre. Heureusement, un habitant nous a remis sur le bon chemin avec sa voiture. Le soleil maintenant nous accompagne et nous passons par le très joli village de Saignon avant Apt.
    La traversée du Luberon restera un moment magique où les couleurs et senteurs dans l’humidité du matin nous ont transportés de bonheur. Nous avons le plaisir d’admirer le pont Romain ST Julien sur le Calavon. A la sortie de Cavaillon, après franchissement de la Durance, il n’y a plus de marquage du GR ; notre bon sens et la carte nous permettent d’arriver à Orgon. Nous prenons la voie de la liberté jusqu’à Eygalières mais c’est huit km de souffrance pour Françoise qui a de nombreuses ampoules. Elle décide de me quitter là ! Le lendemain, je repars seul pour arriver en Arles en deux jours.

    Tout au long de cette voie, j’ai fait confiance à tous ces baliseurs que je ne connaîtrai jamais. Tout n’a pas été parfait, mais cette idée de grande chaîne d’amitié est un des cadeaux de cette voie où il n’y a pas encore de guide écrit.

    Martial